Au Revoir Ti – Jacques !

Au  Revoir  Ti – Jacques !

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Ce samedi 14 mars 2020 ont eu lieu les obsèques de Jacques Jean-Pierre, communément appelé Ti-Jacques par tous les Jacméliens et la population du Sud-Est. Sa popularité était immense à travers tout le département et bien au-delà tant ses qualités et ses compétences étaient nombreuses et sa gentillesse et sa disponibilité légendaires. D
ès que la nouvelle s’est propagée à travers la cité, toute une ville et plusieurs générations de Jacméliens et de Sudestois ont été plongés dans une infinie tristesse. Des banderoles vantant ses qualités et exprimant le désarroi et l’immense peine de la population ont été installées dans toutes les rues de la ville. De multiples veillées et des réunions fraternelles ont été organisées par sa famille, ses amis, ses collaborateurs et toutes celles et ceux qui l’aimaient et qui étaient sidérés par cette brusque disparition. Jacques Jean-Pierre était encore si jeune et avait tant de projets !

 

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Ce samedi 14 mars 2020 le Centre polyvalent de Jacmel était bondé. Une foule dense et recueillie était venue rendre un dernier hommage à Jacques Jean-Pierre. Né le 31 août 1963, Ti-Jacques ( Ti-Jak ) est décédé à Port-au-Prince le 25 février 2020 à l’âge de 56 ans. Ingénieur et surtout homme de radio, créateur, éditorialiste et animateur, Ti-Jacques a été le poto-mitan de Radio Télé Express Continentale, s’impliquant dès sa fondation dans cette passionnante aventure et se démultipliant sans cesse pour s’assurer que la station puisse être captée dans tout le Sud-Est et même au-delà. Il a été à l’origine de la création de multiples stations de radio à travers tout le pays. Sa constance, son équanimité, sa persévérance et son altruisme lui assuraient l’admiration et l’amitié de tous ceux qui collaboraient avec lui ou qui avaient l’occasion de le rencontrer.

 

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Ce samedi 14 mars 2020  Jacmel et tout le Sud-Est sont venus se recueillir devant la dépouille de Ti-Jacques. Des amis et des représentants de médias de Port-au-Prince et du pays avaient fait le déplacement pour assister à cette cérémonie œcuménique puisque l’officiant principal était le Révérend Père Samson Pierre et le maître de cérémonie le Pasteur Moïse Jacky Nias Pierre. De nombreuses délégations représentant les médias, le secteur éducatif, l’association des journalistes, le monde sportif dont les joueurs du club de football Ret Sezi auquel Ti-Jacques appartenait, les établissements de la ville et les autorités locales se pressaient en nombre pour honorer la mémoire de Jacques Jean-Pierre.

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Ce sont les musiciens de l’école Dessaix Baptiste qui ouvrirent la cérémonie avec un prélude musical. Puis M. Josué Adonis, directeur de la salle des nouvelles de la RTEC, prononça une allocution de circonstance, insistant notamment sur les multiples qualités du défunt et sur son action exemplaire et son leadership à la tête de la RTEC et au niveau du Sud-Est.Ce fut ensuite le tour de M. Lauture Wilfrid, représentant le secteur éducatif du Sud-Est, de rendre hommage à Jacques Jean-Pierre qui dispensait des cours dans plusieurs établissements de Jacmel. Puis les musiciens de l’école Dessaix Baptiste exécutèrent avec brio un morceau de circonstance.

 

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Ensuite le Pasteur Moïse Jacky Nias Pierre invita Gérard Borne, ami et collaborateur de Jacques Jean-Pierre à la RTEC, à prendre la parole :

 Autorités religieuses et civiles,

Chère Madame Wilnie Lubin Jean-Pierre, chers Lovensky et Jonathan,

Mesdames et messieurs les membres des familles Jean-Pierre , Lubin, Victorieux, Exumé et Pierre-Louis si éprouvés,

Mesdames et messieurs les membres du staff de Radio Télé Express Continentale et de Canal Sat vous aussi si éprouvés,

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs,

Ti Jak se kon sa tout moun te konn rele w. Nou pa ka rele w lot jan.

Nou ret sezi, Ti Jak, nou ret sezi menm jan ak tout zanmi w yo nan ekip foutbol RET SEZI paske ou te yon poto mitan pou foutbol Jakmel sitou lè ou kanpe nan 2 poto kan yo.

Ou pati, Ti jak, san avèti nou, ou te jèn toujou epi ou te gen anpil pwojè pou vil la, pou peyi a. Nou tris, nou tris anpil paske ou te yon frè pou nou e nou te renmen w anpil.

Ti Jak, si c’est à Port-au-Prince que tu nous as quittés, c’est ici à Jacmel, dans cette terre que tu aimais tant, que tu reposeras parmi nous, toujours vivant dans nos cœurs.

La mort a frappé haut. Elle a fauché celui-là même qui pour nous tous ici réunis exprimait la bonté, la compassion, la générosité et surtout l’humilité.

Ti Jak tu restes à jamais dans nos mémoires

Travailleur acharné, travailleur méthodique, tu restes l’un des plus purs visages de cette cité. Tu étais loyal. Cela aussi comment l’oublier ? Tu étais fidèle. Fidèle à tes premiers engagements.

Ancien élève des Frères de l’Instruction Chrétienne, Ti JaK a fait partie de la première promotion du Centre Alcibiade Pommayrac de 1976 à 1983 lorsque Mme Véronique Rossillon et le Professeur Jean Claude se sont lancés dans cette passionnante aventure.

Ti Jak était déjà ce qu’il sera toujours : discret, attentionné, disponible, consciencieux et son altruisme faisait que sa compagnie était recherchée et appréciée.

Fidèle, disions-nous. Ti Jak ne manquait jamais de rendre visite à Mme Véronique Rossillon lorsqu’elle séjournait à Jacmel et ils restaient longtemps à deviser sur la galerie de sa résidence au CAP. Mme Rossillon était très attachée à Ti Jak et ce dernier a été très affecté par sa brutale disparition en juillet 2018, tout comme, déjà malade, il sera encore terriblement éprouvé par le départ en février dernier de son oncle et père adoptif, Hoche Pierre-Louis de regrettée mémoire.

Pendant près de 20 ans, j’ai eu le privilège presque quotidiennement, de côtoyer Ti Jak à Radio Télé Express Continentale où j’animais, après le journal du soir, une émission culturelle Rendez-vous. Toujours affable et accueillant, Ti Jak était très souvent occupé à réparer du matériel pour d’autres stations de radio. Chacun sait qu’il a contribué à créer de nombreuses stations de radio à travers le pays.

Ti Jak était passionné par son métier et il était un professionnel respecté et apprécié par ses collègues. Nous avons constamment poursuivi nos échanges au CAP, en ville ou au téléphone. Ti Jak vivait en harmonie avec toutes celles et tous ceux qui l’entouraient, quelque soit leur position sociale, toujours accueillant avec sa sagesse profonde et son sourire chaleureux.

Aujourd’hui Ti Jak, tu nous manques. Ta famille, tes proches, tes amis, nous sommes tous orphelins de toi. Ton amitié fidèle et inconditionnelle va terriblement nous manquer.

Notre émotion est si grande à l’heure de te dire au revoir. C’est si difficile pour nous tous d’accepter ton départ. Ton absence est si lourde à porter tant la douleur est indicible et les mots terriblement impuissants.Ti Jak, la mort ne t’emporte pas

Elle multiplie ta vie en chacun de nous

Enfin permettez-moi de citer les Saintes Écritures :
Psaumes 34
L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé
Et il sauve ceux qui ont l’esprit d’abattement
Psaumes 147
Il guérit ceux qui ont le cœur brisé
Et il panse leurs blessures

Ti Jak, repose en paix

 

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Puis des représentants des élèves du Lycée Célie Lamour et du Lycée Pinchinat rendirent à leur tour un ardent hommage au disparu. Les musiciens de l’école Dessaix Baptiste interprétèrent un morceau de circonstance avant que M. Roland Zenny, représentant l’association des Médias du Sud-Est d’Haïti ( AMSEH ) prenne la parole pour rappeler tout ce que Jacques Jean-Pierre avait fait pour le développement des médias dans la région, insistant sur les grandes qualités du défunt et sur la sidération que cette disparition a provoqué dans le monde des médias.

 

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Après l’intervention de monsieur Roland Zenny c’est l’ex Premier Ministre, monsieur Jean-Michel Lapin qui prit la parole. Il intervenait au nom de l’équipe Ret Sezi dont il est l’un des membres et c’est avec beaucoup d’émotion qu’il évoqua les exploits de Jacques Jean Pierre qui fut l’un des joueurs vedettes de cette équipe du temps de sa splendeur. Enfin le maire de Jacmel, M. Marky Kessa, clôtura cette série d’hommages par un discours dans lequel il retraça l’itinéraire exceptionnel du disparu.

 

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La chorale fit vibrer toute l’assistance et la cérémonie religieuse commença. L’officiant principal le Révérend Père Samson Pierre entouré de plusieurs prêtres évoqua longuement  avec beaucoup d’émotion la mémoire de Jacques Jean-Pierre auquel il était très lié. Il mit l’accent, lui aussi, sur les multiples qualités du défunt dont la modestie, la disponibilité et la générosité. Il évoqua notamment la collaboration de Jacques Jean-Pierre avec Radio Ephphata, la radio du diocèse de Jacmel. Jacques Jean-Pierre, totalement désintéressé, pouvait passer de longues heures et même une partie de la nuit pour venir à bout de pannes qui bloquaient le fonctionnement de la station catholique. Il rendit hommage à sa simplicité et à son altruisme.

 

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30 Avril 2019: Grande journée sportive au CAP

C’est dans la bonne humeur et dans une ambiance festive que les représentants de plusieurs écoles de la ville de Jacmel comme l’IDEPH, L’IMM, VDF, CECM, FINALITES s’étaient réunis sur le site sportif du CENTRE ALCIBIADE POMMAYRAC en date du 30 avril 2019 en prélude de la fête patronale de Jacmel. Cette journée avait pour but de réunir les élèves de la ville et de fêter dignement notre fête patronale mais avec le sport. C’est dans un esprit de convivialité et d’hospitalité à la jacmélienne qu’ont débuté les activités aux alentours de 2h30.

Le premier match a vu s’opposer le collège Finalités et le collège Vie de France dans un match de handball féminin sous les applaudissements d’une foule transportée par cet esprit sportif. Ce premier match a vu s’imposer les élèves de Vie de France qui s’étaient de ce fait qualifiées pour la finale.

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Sélection Handball Vie De France

 

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Sélection Handball Finalités

 

Le second match a vu s’affronter  le Centre Alcibiade Pommayrac et l’Institution Madeleine Morano. Le CAP en est sorti vainqueur se qualifiant lui aussi pour la finale.

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Sélection Handball CAP

 

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Sélection Handball IMM

 

Le troisième match de catégorie footballistique s’est disputé entre les sélections masculines du CAP et de l’Institution du Bon Pasteur. Le CAP lève le pari en remportant ce match.

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Sélection de football CAP

 

 

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Sélection de football IDEPH

 

Suite à cela s’est tenue la finale tant attendue et qui opposa les filles du CAP face à celles de Vie de France. Le Centre l’emporta haut la main devenant ainsi le grand vainqueur de ce tournoi.

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Sélection de Hand Finale

 

CAP VS VDF

Et pour finir en beauté les sélections de basketball du CAP et du Centre d’Etudes Classiques de Meyer ont charmé l’assistance à travers un show qui a peu duré mais a néanmoins eu l’effet escompté.

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Après un discours du directeur sportif, les écoles se sont, non sans regrets, quittées en promettant toutefois de revenir à la prochaine édition afin d’avoir leur revanche.

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Mr Franck Junior, Mr Hugo Lechartre, Mme Catherine Collilieux

Lundi 22 avril 2019 : La « Jacmélitude » au CAP

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Ce travail sur l’œuvre de Jean Metellus  » Jacmel au Crépuscule »  a été encadré  par Madame Catherine Collilieux et Monsieur Hugo Lechartre  professeurs   de littérature  au Centre Alcibiade Pommayrac.

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Monsieur Edgard Agella directeur adjoint au ministère de l’éducation nationale  a ouvert, dans le cadre de la Jacmélitude,  cette rencontre au Centre Alcibiade Pommayrac .  Les élèves de l’ IDEPH et du Centre Alcibiade Pommayrac ont présenté deux œuvres essentielles du grand poète et romancier Jean Métellus.

Jean Métellus est né à Jacmel en 1937. Il est contraint de quitter Haïti pour la France en 1959 à l’aube de la dictature duvaliériste. Il y fera des études de médecine et deviendra neurologue. Sa première œuvre sort en 1978, Au Pipirite chantant,  un recueil de poèmes. Suivront ensuite d’autres recueils, des romans, des essais et du théâtre.

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En première partie, les élèves de l’IDEPH ont présenté avec brio un roman  incontournable de Jean Metellus : Les Cacos .

Les Cacos est un roman publié en 1989, à la veille d’une nouvelle intervention américaine en Haïti. C’est un passionnant roman historique qui nous éclaire sur cette longue et humiliante occupation. Le héros principal des Cacos, Alexandre Basalte est largement inspiré du charismatique Charlemagne Peralte. Mais Métellus déploie toute une galerie de personnages féminins et masculins captant tour à tour l’œil du lecteur. L’auteur s’applique à faire vivre et ressentir la réalité de l’occupation américaine, la violence, le racisme, les enjeux politiques et les perceptions de la population.

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A la fin de la représentation des élèves de l’IDEPH , un poème fut déclamé  au son de la clarinette . Le public était ravi et l’atmosphère apaisante et conviviale.

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Les élèves de l’IDEPH répondirent  avec pertinence aux questions du jury et firent la fierté de leur établissement.

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En deuxième  partie, après la prestation de l’IDEPH vint celle du Centre Alcibiade Pommayrac avec en ouverture une chanson du folklore jacmélien : « Panama m tonbe » jouée par des « yukulélistes »de la classe de 7ème AF et interprétée par deux élèves de la S3 : Phaëlla Débora Scutt et Ruth Sheeneizca Marcelin. Cette chanson reçue une ovation du public et on enchaîna avec une représentation théâtrale  originale et créative des élèves de S3.

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Beyala Bernard, élève de S3, présenta  le déroulement du spectacle autour du  livre de Jean Metellus : Jacmel au crépuscule.

Après la parution de Au Pipirite chantant, Jacmel au crépuscule,1981, rend compte de l’érosion qui mine la société urbaine, dont l’aisance est fondée sur la ruine des campagnes. Les nombreuses conversations qui composent la matière du livre, font participer le roman au genre de l’audience, inauguré dans la littérature haïtienne par Justin L’hérisson .Jean Métellus entraîne le lecteur vers la singularité de cette culture haïtienne, lui fait découvrir les spasmes et les convulsions de son histoire à travers une chronique, rapportée par Lériné, qu’il situe au milieu des années cinquante. On peut lire ce roman comme une métaphore de la fatalité. Charles Pisquette, ancien « bœuf-chaîne » (homme de peine) dès l’âge de douze ans, homme du peuple débrouillard et curieux –il a appris seul à lire et à écrire- a la chance de gagner à la loterie. Il en fait profiter Ninette, une bonne fille (victime du pasteur, professeur au lycée « qui connaissait la Bible sur le bout des doigts et […] enseignait la rigueur, mais peuplait la ville de ses rejetons »).

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Le prologue fut lu par Gaëlle Samantha Brutus et Phaëlla Débara Scutt accompagnées du saxophoniste Mike Hodson Désouvré.

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Lériné et Boss Bertin ouvrent le spectacle avec un dialogue savoureux sur les apparences. Lériné se lance dans une passionnante discussion avec Boss Bertin d’abord au sujet de l’odeur de ses pieds .

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Ensuite il s’en prend à l’accoutrement « chèlbè » de Me Barthoux

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et achève  son discours  par un « tripotay lakay »  sur Ninette devenue Gros Nina.

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L’amour ne se soucie point de la richesse, encore moins de la couleur de peau. Ignorant cette thèse la mère de Pisquette lui donne des conseils sur la femme que celui-ci devra choisir.

«  Il te faut choisir une jeune fille de belle couleur… »

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Lopez et Pisquette  discutent  des bienfaits des plantes haïtiennes sur la libido.
« Je n’ai plus beaucoup de coups dans mon canon »

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Le paysan et Marcelle évoquent  la situation économique du pays et déplorent  l’hypocrisie haïtienne.

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Evocation poétique des balades amoureuses sur les plages de Jacmel.

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Dialogues sur les rites du vaudou et les cérémonies religieuses.
 » Ton père, tout sacristain qu’il est, n’y croirait-il pas? »

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Lériné conseille son neveu Pisquette sur le choix de  son épouse et en profite pour lui faire un petit rappel  sur l’histoire des « nègres » de ce monde.

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Conclusion par Marly Fils : » Burlesques ou lyriques, ces conversations à Jacmel n’ont pas seulement la saveur de l’exotisme ; on y découvre aussi les traits d’une situation morale, politique et économique où mûrissent paisiblement les plus sanglantes tragédies, non seulement d’Haïti mais aussi de l’Amérique latine et de l’Afrique noire… »

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Comme leurs camardes de l’IDEPH les élèves  du CAP répondent  avec finesse aux questions du jury et des spectateurs.

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L’équipe technique du CAP. Jean Gilles Nixon, Roy Samy Gaetan, Momplaisir Richshall

Les rencontres sportives du CAP

Le vendredi  1er février 2019, le CAP en compagnie de plusieurs autres établissements scolaires de la ville a participé à la cérémonie de lancement officiel des jeux scolaires au complexe sportif de Bois-Bœuf. D’après les responsables de la direction des sports, cette cérémonie a été mise en place pour  annoncer les différentes compétitions sportives  pluridisciplinaires de l’année académique 18-19 dans les catégories U15, U15 et U20 chez les filles et les garçons.

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Durant cette phase de lancement, notre école a gagné ses 3 matches amicaux en Basket et Volleyball chez les garçons et en handball chez les filles respectivement contre le collège Hosanna et les sœurs salésiennes . Malheureusement, le match amical de nos filles en volleyball contre les sœurs salésiennes n’a pu avoir lieu.

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Pour cette édition des jeux scolaires 2019, notre école a une représentation sportive en football masculin et féminin, en handball féminin et en basket masculin.

A rappeler que lors de l’édition 2018, notre école avait été sacrée championne en basket masculin. La sélection féminine de football avait atteint le stade des demies finales tandis que la sélection de football masculine avait été éliminée en quart.

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Comment le CAP se comporte-t-il durant ces jeux scolaires 2019 ?

  • L’équipe féminine de handball a joué sa demie finale le vendredi 16 avril au complexe sportif de l’IDEPH et a gagné avec un score de 18 à 4
  • Lors de la demie finale de football féminin du 6 avril à l’IDEPH le match s’est conclu par forfait.
  • L’équipe masculine de basket a joué le samedi 27 avril à 4h pm au complexe sportif de l’IDEPH son dernier match de poule. Elle a gagné avec un  score de 20 à 13
  • Malheureusement, les garçons U17 ont été éliminés dès les matches de poule. Ils n’ont pu accéder au tour suivant.

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A mi-parcours des jeux scolaires, hormis le faux pas de la sélection U17 masculine de football, le CAP se comporte bien par rapport aux autres sélections. Nous jouons sur trois tableaux de finale. Rendez-vous  le 18 mai prochain pour la cérémonie de clôture de ces rencontres sportives.

23 mars 2019 : Darha Jhennika Noël, lauréate du concours national de nouvelles.

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La cérémonie de remise des prix aux lauréats du concours national scolaire de nouvelles, organisé par le Centre de Promotion de l’Excellence de la Culture et de la Citoyenneté (CPECC) et l’Association des Professeurs de Français d’Haïti (APROFH) sous la houlette de Gary Victor et des Editions C3, a eu lieu le samedi 23 mars 2019 à la salle Epicure de l’hôtel El Rancho. Lors de cette cérémonie, dix jeunes écrivains ont été honorés devant un parterre d’invités de marque.
Pour cette cinquième édition, le jury était composé de Kettly Mars, Yanick Lahens, Louis-Philippe Dalembert et de deux lauréats des éditions précédentes. Les membres du jury ont fait choix de dix nouvelles parmi plus d’un millier venues d’établissements scolaires de tout le territoire national.
Darha Jhennika Noël, élève de S2 au Centre Alcibiade Pommayrac est l’une des lauréates avec « Miracle à Jacmel ». Le quotidien LE NOUVELLISTE du 31 mars écrit : « L’émotion fut grande d’entendre la plus jeune lauréate, Anne-Lyse de Sainte-Rose de Lima à Port-au-Prince, manifester son rêve de s’investir pour le changement de son pays…L’autre grand moment de la cérémonie fut le discours de Darha Jhennika Noël du Centre Alcibiade Pommayrac de Jacmel qui, dans une langue châtiée, une diction impeccable, a confessé son amour pour la création littéraire. »
« Ce concours est plus qu’une aventure littéraire, c’est une aventure humaine : l’une des plus belles expériences de ma vie. Je suis ravie à l’idée que cette aventure n’est pas encore finie, elle ne prendra fin que lorsqu’une nouvelle génération reprendra le flambeau. » a confié Darha Jhennica.

 

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Voeux 2019

 

voeux 2019

La présidente, le personnel et les élèves
du
Centre Alcibiade Pommayrac
vous adressent
leurs vœux les plus sincères  
de bonheur et de sérénité
à l’occasion de cette nouvelle année.

Lundi 12 novembre 2018: Marie Darrieussecq à la salle Professeur Jean Claude au CAP

en collaboration avec l’Alliance Française de Jacmel

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Marie Darrieussecq et Jean-Paul Hirsh avec des élèves de S4

 

Ce lundi 12 novembre 2018 nous avons eu le plaisir d’accueillir au CAP  Marie Darrieussecq et Jean-Paul Hirsh  accompagnés par Sébastien Plot, directeur de l’AFJ. L’écrivaine était de passage en Haïti avec le directeur des éditions P.O.L. à Paris qui publient tous ses livres.

Les élèves de S3 et S4 avaient décoré le tableau pour souhaiter la bienvenue à Marie Darrieussecq  et l’attendaient avec impatience à la salle Professeur Jean Claude.

Marie Darrieussecq

Marie Darrieussecq

 

Marie Darrieussecq est une romancière qui raconte, invente des histoires, contrairement à un courant fort répandu chez les jeunes écrivains de sa génération qui proposent des variations diverses sur leur journal intime ou sur un épisode de leur vie privée. Marie Darrieussecq bâtit des fictions, souvent à partir de thèmes de la littérature classique.

Dès son plus jeune âge, Marie Darrieussecq se rêve écrivaine. Née à Bayonne au Pays basque en France, elle a exercé comme psychanalyste avant de mettre cette activité entre parenthèses.

En effet, dès 1996 elle est propulsée sur la scène médiatique avec la parution de son roman Truismes, best-seller traduit dans une quarantaine de langues. En 2013 elle est lauréate du Prix Médicis pour le roman Il faut beaucoup aimer les hommes.

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Lauréate de l’agrégation de Lettres en 1992  et Docteur ès Lettres en 1997 avec une thèse sur l’autofiction, Marie Darrieussecq  a publié une vingtaine d’œuvres en vingt ans, sans compter ses contributions à des ouvrages d’art ou à des journaux.

De  Truismes  publié en 1996  à  Notre vie dans les forêts  publié en 2017, tous ses livres sont édités chez P.O.L., notamment Naissance des fantômes 1998, Le mal de mer 1999, Le bébé 2002, White 2003, Le pays 2005, Tom est mort 2007, Clèves 2011, La mer console de toutes les laideurs 2012, Nigel Cooke 2016.

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Intervention de Gaelle Brutus de S3

 

Quand on dit à Marie Darrieussecq que le succès mondial de son premier roman Truismes paru en 1996, dont le manuscrit a été simplement envoyé par la poste, a de quoi faire rêver des milliers d’écrivains en herbe, elle acquiesce :

« C’est sûr, j’ai vraiment vécu un conte de fées. J’écris depuis toute gamine, j’ai toujours voulu être publiée et c’était merveilleux d’expédier ce manuscrit par la poste et de recevoir plusieurs réponses positives… Le véritable conte de fées, c’est à la fois cette publication et le succès considérable qui a suivi et que je ne m’explique toujours pas. Cela continue à m’étonner et me faire très plaisir. »

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Marie Darrieussecq à la salle Professeur Jean Claude au CAP

 

Quand on lui fait remarquer que Truismes est un titre à double sens, Marie Darrieussecq répond :                   

« J’avais déjà ce titre en tête quand j’ai commencé le livre…D’abord pour raconter cette transformation en truie, mais aussi parce que j’avais l’idée de quelqu’un qui n’aurait ni un vocabulaire très vaste, ni une grande culture, et donc s’exprimerait par clichés, y compris des clichés racistes, voire sexistes, même si c’est une femme. Je me suis beaucoup amusée à lui faire dire des énormités et, petit à petit, l’idée m’est venue de la faire se dégager de ces idées toutes faites, de ces truismes, pour la faire penser par elle-même. »

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Intervention de Roodsten Cherenfant de S3

 

Quand on s’étonne que l’écrivaine considère que le vrai sujet de Truismes est l’histoire d’un corps au féminin alors qu’il y a aussi une satire sociale assez féroce, Marie Darrieussecq  répond :

« Au départ, je voulais raconter l’histoire d’un corps qui se transforme. J’avais en tête une série de symptômes qui constituaient une trame narrative très forte que je suivais avec une forme d’évidence : l’épaississement de la peau, l’allongement des oreilles, etc… ce qui m’amusait beaucoup. Mais je me suis aperçue qu’il fallait la loger dans un espace et ça m’a amenée à situer ce corps dans un corps plus grand qui est la société. C’était pour moi un jeu de miroirs entre ce corps qui se déformait et une société qui se déformait à son tour, plutôt qu’une volonté consciente de satire sociale. Curieusement la presse a mis l’accent sur la critique sociale alors que je considère que le véritable sujet est le corps au féminin. Et de très nombreuses lectrices m’ont écrit qu’elles n’avaient jamais lu d’autre livre qui parle du corps de la femme d’une façon aussi intérieure, aussi intime. »

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Intervention de Marie-Axelle Antoine de S4

 

Toujours s’agissant de Truismes et de cette métamorphose qui s’y opère, quand on demande à l’écrivaine si elle a été influencée par ses lectures d’Ovide ou de Kafka, elle répond :

« J’ai écrit ce livre avec beaucoup de naïveté, et sur le moment je n’avais pas du tout pensé à cela. Ce n’est qu’après qu’on m’a comparée à Apulée, à Ovide, à Kafka surtout. Instinctivement, je me suis retrouvée dans cette tradition. Mais chez ces auteurs la métamorphose amène souvent à une conclusion morale, alors que je ne pense pas qu’il y ait de morale qui se dégage de Truismes. En tout cas je n’en ai pas envie. »

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Intervention de Marcoly Antoine de S3

 

Interrogée sur la présence de Jean-Paul Hirsh, directeur des éditions P.O.L. à ses côtés, Marie Darrieussecq évoque sa fidélité à l’éditeur Paul Otchakovsky-Laurens, fondateur de la maison d’édition P.O.L., décédé le 2 janvier 2018 :

 « J’aime les auteurs de la maison d’édition P.O.L. : Olivier Cadiot, évidemment Marguerite Duras et Georges Perec qui étaient les totems de la maison, Marie Depussé et d’autres. Paul Otchakovsky- Laurens et moi sommes devenus amis très vite, mais toujours avec une légère distance, et je crois que cette distance, beaucoup d’écrivains en témoignent. Il était très timide, mais pouvait aussi être extrêmement chaleureux. »

Durant cette rencontre avec la S4 et la S3, Jean-Paul Hirsh a plusieurs fois été invité par Marie Darrieussecq à donner son point de vue.

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Jean-Paul Hirsh à la salle Professeur Jean Claude au CAP

 Quand on demande à Marie Darrieussecq si elle est l’auteur du féminin, elle tiendrait presque ça pour un lieu commun :

« Oui je suis un auteur du féminin. J’ai traduit Un lieu à soi de Virginia Woolf ; j’écris énormément sur le fait que le français est une langue masculine ; j’ai lu assidûment Monique Wittig, Beauvoir, Cixous, Luce Irigaray…toutes. J’écris sur le féminin parce que je suis une femme, et que je suis une intellectuelle, et que j’avais besoin de penser ce qui m’arrivait. Le monde dans lequel j’étais. Mais le féminin c’est l’histoire de ma vie, donc c’est tous les livres que j’écris. Je n’ai rien à en dire. Beaucoup à écrire… »

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Marie Darrieussecq répond aux intervenants

 

Quand on demande à Marie Darrieussecq comment elle travaille, comment lui vient l’inspiration, le choix du sujet du prochain livre, elle répond :

«  En général, comme beaucoup d’écrivains, je me promène avec des petits carnets. Je prends des notes très éparses…ces carnets ont pour le coup un côté extrêmement intime avec des codes personnels, des moyens mnémotechniques qui sont censés me faire penser à d’autres choses. Au milieu il y a aussi des listes de courses et des numéros de téléphone…

C’est un moment de gestation du texte, appelons ça ainsi, qui n’empêche pas d’ailleurs que je puisse être en train de travailler concrètement un autre texte. Par exemple quand j’écrivais Le Bébé, j’étais complètement hantée par le roman à venir, White. Il y a entre les textes des chevauchements temporels. »

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Intervention de Jehud Jean-Gilles de S4

 

Quand on demande à  l’écrivaine si elle établit d’abord un plan ou une structure avant la conception d’un nouveau roman ou si elle écrit au fil de la plume, elle répond :

« Il y a deux grands clubs d’écrivains, ceux qui font des plans comme Georges Pérec et ceux qui écrivent la Chartreuse de Parme en cinquante-trois jours comme Stendhal, qui à la fin tue tout le monde parce qu’il ne sait pas comment s’en sortir… Je fais partie du club Stendhal. Je ne fais jamais de plan parce que je ne veux pas savoir ce qui va se passer, sinon je m’ennuierais et je laisse faire non pas les personnages mais les mots. Et je laisse les mots se répondre quand je suis dans l’état de grâce. Et ça avance tout seul, sans moi… « L’état de grâce » est très proche de l’absence à soi-même, pour dire le monde il faut être dans une rêverie proche d’une sorte d’extase dans la langue, où on sort de son moi privé. »

Intervention de Fénia Léon de S4

 

Quand on demande à Marie Darrieussecq si le Prix Médicis obtenu en 2013 pour Il faut beaucoup aimer les hommes a eu de l’importance pour elle :

 » J’étais très heureuse d’avoir un prix, ça faisait longtemps. Les gens croyaient toujours que j’avais eu des prix, mais non, j’avais eu du succès, c’est différent ! J’étais contente d’être reconnue par mes pairs, c’est important, ça fait du bien »

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Marie Darrieussecq répond aux intervenants

 

 Enfin quand on interroge à nouveau Marie Darrieussecq sur son travail d’écriture :

« Quand j’écris, dit-elle, je deviens le corps de mes personnages. Mon corps n’est plus là, c’est un autre corps qui écrit. Je deviens invisible. Je crois que si on ouvrait la porte de mon bureau, on ne me verrait pas. Je suis avalée par le livre, traversée par ce que j’écris. Mon corps est délégué à la page. Il devient le texte, sinon ce n’est pas la peine. Quelque chose me traverse, on peut appeler ça le monde, ce quelque chose me désintègre et me recrée sur la page. C’est de l’ordre de l’extase, sinon ça n’écrit pas. »

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Applaudissements nourris pour Marie Darrieussecq et Jean-Paul Hirsh

 

Tom est mort est un roman singulier de Marie Darrieussecq, paru en 2007 chez P.O.L. Il fait alors partie de la sélection du prix Goncourt et du prix Femina. Et Marie Darrieussecq y raconte l’indicible avec bien du talent. Il connait un certain succès de librairie.

 Présenté par son éditeur comme « un simple récit, phrase après phrase sur un cahier », Tom est mort est un roman sur le deuil maternel :

 « Voici dix ans que son fils est mort, il avait quatre ans et demi. Pour la première fois depuis ce jour quelques moments passent sans qu’elle pense à lui. Alors, pour empêcher l’oubli, ou pour l’accomplir, aussi bien, elle essaie d’écrire l’histoire de Tom, l’histoire de la mort de Tom, elle essaie de s’y retrouver. »

 

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Marie Darrieussecq et Jean-Paul Hirsh avec des élèves de S3

31 octobre 2018 : Kettly Mars à la salle Professeur Jean Claude au CAP

en collaboration avec les Editions Pulucia organisatrices du Salon International du livre de Jacmel

La romancière Kettly Mars et le poète Maurice Cadet avec des élèves de la S4 au CAP

 

«  Est-ce que nous faisons du mal à Haïti lorsque nous l’écrivons telle qu’elle est ? »

« Je suis une écrivaine qui aime prendre des risques, changer de registre, changer d’univers. »

La romancière Kettly Mars était au CAP ce 31 octobre 2018 accompagnée par le poète jacmélien  Maurice Cadet pour rencontrer les élèves de S2, S3 et S4 à la salle Professeur Jean Claude.

« Après le 12 janvier 2010, j’ai décidé de prendre le temps qui me manquait. De vivre pour et par ma passion d’écrire. Depuis ces 48 secondes d’un après-midi de janvier où la terre a tremblé et enseveli des centaines de milliers de vies autour de moi, j’ai décidé de me mettre totalement à la disposition de l’écriture. De libérer mon souffle. Le béton c’est aussi fragile que du papier quand les plaques tectoniques se rompent sous nos pieds. Il y a urgence. Je décroche. Un saut dans le vide. Un acte de foi en la vie. »  

 

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Kettly Mars à la salle Professeur Jean Claude au CAP le 31 octobre 2018

 

Les élèves du CAP attendaient la visite de Kettly Mars avec beaucoup d’impatience. C’est le PDG des éditions Pulucia, Pierre-Paul Ancion, qui a proposé cette collaboration au CAP dans le cadre du 1er salon international du livre de Jacmel où était également invité le poète Maurice Cadet et d’autres écrivains comme Gary Victor.

Volupté pour Leslie Péan ou nécessaire présence du désir pour Rodney Saint-Eloi, l’œuvre de Kettly Mars ne laisse personne indifférent. Son écriture délicate et raffinée raconte un univers tragique qui dérape, où tout va de travers mais avec une grande tendresse, une passion et des images sensuelles et somptueuses.

 

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Wodney Jeudy et Sammy Roy à la sonorisation, Knight Jean-Baptiste, Kevin Lariveau, Bill Paris et Marie-Axelle Antoine

 

Avant d’engager le dialogue  avec le public, une surprise a été réservée à Kettly Mars par Marie-Axelle Antoine, Knight Jean-Baptiste, Kevin Lariveau et Bill Paris, élèves de terminale (S4).

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Kevin Lariveau, Bill Paris et Marie-Axelle Antoine

 

En effet dans le cadre des TPE (Travaux Pratiques Encadrés) en S3 l’an dernier, ils avaient préparé et présenté au jury un mémoire intitulé La violence dans l’œuvre de Kettly Mars. C’est sous la forme originale d’un entretien télévisé mené par des journalistes incarnés par Knight Jean-Baptiste, Kevin Lariveau et Bill Paris qu’ils ont interviewé la romancière jouée par Marie-Axelle Antoine. Après ce préambule très apprécié par l’écrivaine, les premières questions ont été posées.

 

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Kettly Mars est née à Port-au-Prince. Après ses études classiques, elle reçoit une formation en administration. Elle travaille comme assistante administrative. Passionnée dès son plus jeune âge de lecture et de poésie, elle commence à écrire au début des années 1990.

C’est par la poésie que Kettly Mars exprime ses premiers élans créateurs : tout est patience et fluidité, érotisme et passion. Elle passe ensuite à l’écriture de la nouvelle.

Son premier roman, Kasalé (2003), entraîne le lecteur dans un voyage en pays profond et soulève le débat de l’ambivalence spirituelle d’une grande majorité du peuple haïtien. Ketty Mars est une romancière hantée par l’angoisse d’un pays en déshérence, l’étouffement et la paralysante amertume qui gisent au creux du quotidien. Pas un détail qui ne porte témoignage de la relation essentielle qui est celle de l’auteur et du monde rural. Rien de l’abstraction allégorique. Roman paysan par excellence, Kasalé  nous donne à saisir avec fidélité une réalité observable dans ses couleurs, ses saveurs, ses mythes et ses légendes.

Tout dans le roman L’heure hybride (2005) se passe en l’espace de quatre heures. À l’approche de ses 40 ans, le personnage principal du roman, Jean François Éric L’Hermite, dit Rico L’Hermite, fait un bilan de sa vie en se réveillant après une soirée particulièrement torride et mouvementée passée avec ses amis de « la gigolaille » de Port-au-Prince. Bête à plaisir, beau et charmeur, Rico est également un solitaire qui n’aime en fait qu’une seule femme : sa mère prostituée, simple, digne et regrettée. L’heure hybride est un roman où l’on est partagé entre une «  douce angoisse » et une « violente tendresse ».

En 2008, Kettly Mars publie Fado, un roman  plein de sensualité et de mélancolie, baigné d’un bout à l’autre par la belle musique portugaise, un roman qui offre le portrait de deux femmes écorchées par la vie et pourtant débordantes de passion, un roman qui évoque le chemin difficile des femmes mais aussi des marginaux, des délaissés parqués dans l’univers clos des quartiers insalubres.

 

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Publié en 2010, le quatrième roman de Kettly Mars, Saisons sauvages est une incursion décidée et extrêmement incisive dans les années noires du duvaliérisme en cours d’installation (1962-1963). Roman de l’espoir illusoire, de l’abus permanent du pouvoir, de l’horreur, de la lâcheté et de la compromission, il est servi par un sens très fort du récit.

 Aux frontières de la soif  parait en 2013. En janvier 2011, un an après le séisme qui transforma Port-au-Prince en un gigantesque chaos, la ville n’est toujours que débrouille et fracas. A deux pas de la capitale, le camp de Canaan a grandi comme un champignon, au rythme de l’arrivée des sinistrés. On pénètre dans ce labyrinthe aux milliers d’âmes pour mieux se perdre. A l’image de Fito, architecte et écrivain en panne d’inspiration. Avec ce personnage ambigu, Kettly Mars a trouvé à exprimer sa rage, à mettre à nu les pourritures humaines, plongeant dans un enfer où la drogue vaut moins cher que l’eau potable, où les enfants tuent pour une pipe de crack et où les institutions sont corrompues jusqu’à la moelle. La romancière fait aussi parler les fillettes apeurées, les ONG impuissantes, les journalistes voyeurs. Elle déploie sa colère, mais la poésie de son écriture est aussi un hymne à son pays perdu, à la fierté de ses habitants.

Dans son roman Je suis vivant, 2015, Prix Ivoire, Kettly Mars effleure toutes les problématiques du chaos de la société haïtienne qui, dans sa grande majorité, n’arrive pas à remettre en question les inégalités bloquant son accession à la modernité. Avec son scalpel, l’auteure affronte un tabou qui nous interpelle. La démence. L’affrontement n’est pas fait de face.  Dans de courts chapitres, ses personnages respirent cette terre à laquelle elle est profondément attachée. L’histoire est adossée à la folie de la nature, cette toile de fond du séisme du 12 janvier 2010, à cette démesure qui a fait des centaines de milliers de mort.

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Kettly Mars et Maurice Cadet avec la classe de S3

 

Avec l’Ange du patriarche, 2018, Kettly Mars nous entraîne dans un thriller, une saga haletante aux nombreux rebondissements, alliant souffle épique et moments d’émotion intense, prouvant que la culture vodou est une source d’inspiration et un incroyable moteur romanesque.

Quand on demande à Kettly Mars d’en dire un peu plus sur cette source d’inspiration, elle précise :

« En Haïti, la question du vaudou est très subtile… Il est rare qu’un pratiquant vous dise tout de go : « je pratique le vaudou. » Il faut une relation de confiance pour que quelqu’un vous confie que oui, dans la famille « nous servons » puisque telle est l’expression et, même entre nous, on ne le proclame pas… Chacun y « sert » les esprits de sa famille. C’est un culte intime, le vrai vaudou, par antagonisme avec la sorcellerie que beaucoup assimilent au vaudou. J’ai essayé de mettre au clair ces points de vue là. Depuis une vingtaine d’années, le vaudou a droit de cité, les artistes s’en réclament, la musique racines, le vaudou jazz… Parfois c’est un peu fanfaron! En tout cas, toute cette culture difficile à capter est une source d’inspiration sans limites pour moi. Le vaudou est un culte, une spiritualité, un art de vivre, une communion avec la nature. Ce sont des vibrations avec lesquelles je suis en harmonie, qui m’apportent force et équilibre. »

 

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Kettly Mars et Maurice Cadet à la salle Professeur Jean Claude

 

Maurice Cadet est né le 20 juin 1933 à Jacmel. Il est poète, nouvelliste et essayiste. Il s’est établi au Canada, à Alma au Lac-Saint-Jean en 1967. Il publie dans plusieurs revues dont notamment Focus, Résistances, Estuaire, Brèves littéraires, Ruptures, et l’International Poetry Review (États-Unis). De retour à Jacmel, il est actuellement écrivain à temps plein.

Il a publié plusieurs recueils comme Ondes Vagabondes et des œuvres comme Tambour battant ou Réjouissances. Son dernier roman Cicatrices vient de paraître  aux éditions Pulùcia.

 

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Intervention de Gaelle Brutus, de S3

 

Quand on demande à Kettly Mars en quoi son dernier roman L’Ange du patriarche, 2018 diffère de ses précédentes publications, elle répond :

« Je suis une écrivaine qui aime prendre des risques, changer de registre, changer d’univers, j’ai voulu faire à la fois un thriller, un roman à suspens, un roman d’épouvante, un peu de tout cela, et que le vaudou en fasse partie, parce que c’est ma culture et un sujet qui passionne beaucoup les Haïtiens et les étrangers. Nous avons beaucoup à apporter à l’autre en parlant de cette culture…Mais j’ai voulu aussi décrire des personnages attachants, qui se collettent au mal avec un grand M et doivent réagir. C’est aussi un roman féministe, qui parle de trois femmes, de leur complicité pour se donner de la force dans une épreuve. Et c’est un roman d’amour, donc beaucoup de choses qui m’interpellent en tant que mère, femme, écrivaine. »

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Intervention de Marc Jodel Alcindor ,de S4

 

De multiples questions ont été posées à Kettly Mars et le poète Maurice Cadet , présent à ses côtés, a souvent été invité à donner son point de vue.
Au cours de cette rencontre riche et dense, la romancière a pu aborder plusieurs de ses thèmes de prédilection :
les origines haïtiennes vaudou et la nécessité de mettre en valeur l’originalité de l’héritage multiculturel,
le droit des femmes,
les contradictions et les errances,
le marchandage des corps et des cœurs,
l’impérieuse nécessité de lutter contre la corruption des mémoires qui s’appuie sur le populisme,
les mécanismes de résistance et de compromission,
le désenchantement et l’espoir,
la violence et la politique,
l’ambivalence entre souillure et purification,
la sensualité, l’amour et la beauté de la nature….

 

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Applaudissements nourris pour Kettly Mars et Maurice Cadet

 

 

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Maurice Cadet, une invitée, Kettly Mars, Pierre-Paul Ancion PDG des Edit. Pulucia et JY Bourcier directeur du CAP

 

25 octobre 2018 : Théâtre Forum au CAP: la pédagogie contre la propagande et l’amnésie historique.

En collaboration avec l’Alliance Française de Jacmel

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 « 32 ans après, l’histoire du régime duvaliériste est-elle transmise correctement aux plus jeunes ? 32 ans après devons-nous garder le silence sur cette période ? » La pédagogie contre la propagande et l’amnésie historique est l’un des principaux objectifs du projet théâtral du Forum conçu par Pinas Alcera et Jean Samuel André. Il s’agit pour eux de permettre aux jeunes et à la population en général de sortir du silence sur le régime des Duvalier et de lever les tabous sur cette période en utilisant comme vecteur le Théâtre Forum.

Selon les animateurs du Théâtre Forum, les décennies d’échecs économiques et sociaux des différents gouvernements qui se sont succédé après la dictature ont créé un espace pour un sentiment nostalgique et simpliste de la dictature. La « nostalgie des Duvalier » est une menace très réelle pour la démocratie haïtienne et surtout pour sa jeunesse. La population haïtienne est constituée d’une majorité de jeunes. L’histoire récente d’Haïti et de la période duvaliériste est très peu enseignée dans les écoles, alors qu’elle a eu des conséquences énormes sur la société d’aujourd’hui.

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Le “joker” Jean Samuel André, animateur des débats qui ont suivi les saynètes

Le Théâtre Forum est un théâtre participatif où sont proposés des récits centrés sur des expériences personnelles et collectives. La pédagogie du Théâtre Forum est essentiellement axée sur le dialogue avec les spectateurs qui permet d’ouvrir un débat sur des thématiques difficiles qui préoccupent la collectivité.

Des saynètes sur le thème de la dictature duvaliériste ont été présentées à des élèves de S1, S2, S3 et S4 par une équipe de comédiens professionnels. Trois saynètes d’une durée de 5 à 7 minutes suivies d’un débat d’environ 15 minutes ont été programmées au théâtre de verdure du CAP. Elles ont donné lieu à des débats vifs et intenses sous la houlette du « joker » Jean Samuel André.

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Les acteurs du Théâtre Forum

La première saynète Kamoken met en scène deux étudiants en plein débat  sur la situation politique. Deux de leurs camarades ont disparu. La mère de l’un d’eux survient et demande à l’autre de partir : les murs ont des oreilles ! Ici l’atmosphère de peur et d’insécurité qui régnait alors est très bien rendue. Le débat qui suivit fut intense.

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La 2ème saynète  Jistis Fatra  met en scène une vendeuse qui vient au tribunal réclamer justice pour son fils qui a été injustement arrêté. Il n’avait fait que défendre sa mère battue par des Tontons Macoutes qui ne voulaient pas payer ce qu’ils avaient consommé. L’un des Tontons Macoutes étant apparenté aux Duvalier, la  juge renonce à prononcer une décision en faveur de la marchande.

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La 3ème saynète Ce sont eux  met en scène un homme qui subit des violences physiques parce qu’il a en sa possession un livre avec une couverture rouge…donc forcément communiste…donc forcément conspirateur ! Et pour être libéré il doit accepter malgré lui que sa femme se donne à l’un des Tontons Macoutes qui la convoite. C’est une saynète qui montre à quel degré de monstruosité et d’absurdité le régime dictatorial des Duvalier en était arrivé.

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Les acteurs de Théâtre Forum dans la saynète Jistis Fatra

La séance en plein air au théâtre de verdure aurait pu se prolonger tard dans l’après-midi tant les questions étaient nombreuses et le public intéressé par les thématiques et le jeu des acteurs. Par ses qualités d’animateur et son charisme naturel, Jean Samuel André a su faciliter les prises de parole et rapidement installer une dynamique de réflexion individuelle et collective. Ce fut un très bon moment d’expression et de confrontation des points de vue de chacun.

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Pinas Alcera, avocate, insistant sur l’importance de transmettre l’expérience et la connaissance de la période Duvalier et de la relier aux problèmes d’aujourd’hui.

 

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Vue partielle de l’assistance