Lundi 22 avril 2019 : La « Jacmélitude » au CAP

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Ce travail sur l’œuvre de Jean Metellus  » Jacmel au Crépuscule »  a été encadré  par Madame Catherine Collilieux et Monsieur Hugo Lechartre  professeurs   de littérature  au Centre Alcibiade Pommayrac.

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Monsieur Edgard Agella directeur adjoint au ministère de l’éducation nationale  a ouvert, dans le cadre de la Jacmélitude,  cette rencontre au Centre Alcibiade Pommayrac .  Les élèves de l’ IDEPH et du Centre Alcibiade Pommayrac ont présenté deux œuvres essentielles du grand poète et romancier Jean Métellus.

Jean Métellus est né à Jacmel en 1937. Il est contraint de quitter Haïti pour la France en 1959 à l’aube de la dictature duvaliériste. Il y fera des études de médecine et deviendra neurologue. Sa première œuvre sort en 1978, Au Pipirite chantant,  un recueil de poèmes. Suivront ensuite d’autres recueils, des romans, des essais et du théâtre.

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En première partie, les élèves de l’IDEPH ont présenté avec brio un roman  incontournable de Jean Metellus : Les Cacos .

Les Cacos est un roman publié en 1989, à la veille d’une nouvelle intervention américaine en Haïti. C’est un passionnant roman historique qui nous éclaire sur cette longue et humiliante occupation. Le héros principal des Cacos, Alexandre Basalte est largement inspiré du charismatique Charlemagne Peralte. Mais Métellus déploie toute une galerie de personnages féminins et masculins captant tour à tour l’œil du lecteur. L’auteur s’applique à faire vivre et ressentir la réalité de l’occupation américaine, la violence, le racisme, les enjeux politiques et les perceptions de la population.

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A la fin de la représentation des élèves de l’IDEPH , un poème fut déclamé  au son de la clarinette . Le public était ravi et l’atmosphère apaisante et conviviale.

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Les élèves de l’IDEPH répondirent  avec pertinence aux questions du jury et firent la fierté de leur établissement.

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En deuxième  partie, après la prestation de l’IDEPH vint celle du Centre Alcibiade Pommayrac avec en ouverture une chanson du folklore jacmélien : « Panama m tonbe » jouée par des « yukulélistes »de la classe de 7ème AF et interprétée par deux élèves de la S3 : Phaëlla Débora Scutt et Ruth Sheeneizca Marcelin. Cette chanson reçue une ovation du public et on enchaîna avec une représentation théâtrale  originale et créative des élèves de S3.

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Beyala Bernard, élève de S3, présenta  le déroulement du spectacle autour du  livre de Jean Metellus : Jacmel au crépuscule.

Après la parution de Au Pipirite chantant, Jacmel au crépuscule,1981, rend compte de l’érosion qui mine la société urbaine, dont l’aisance est fondée sur la ruine des campagnes. Les nombreuses conversations qui composent la matière du livre, font participer le roman au genre de l’audience, inauguré dans la littérature haïtienne par Justin L’hérisson .Jean Métellus entraîne le lecteur vers la singularité de cette culture haïtienne, lui fait découvrir les spasmes et les convulsions de son histoire à travers une chronique, rapportée par Lériné, qu’il situe au milieu des années cinquante. On peut lire ce roman comme une métaphore de la fatalité. Charles Pisquette, ancien « bœuf-chaîne » (homme de peine) dès l’âge de douze ans, homme du peuple débrouillard et curieux –il a appris seul à lire et à écrire- a la chance de gagner à la loterie. Il en fait profiter Ninette, une bonne fille (victime du pasteur, professeur au lycée « qui connaissait la Bible sur le bout des doigts et […] enseignait la rigueur, mais peuplait la ville de ses rejetons »).

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Le prologue fut lu par Gaëlle Samantha Brutus et Phaëlla Débara Scutt accompagnées du saxophoniste Mike Hodson Désouvré.

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Lériné et Boss Bertin ouvrent le spectacle avec un dialogue savoureux sur les apparences. Lériné se lance dans une passionnante discussion avec Boss Bertin d’abord au sujet de l’odeur de ses pieds .

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Ensuite il s’en prend à l’accoutrement « chèlbè » de Me Barthoux

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et achève  son discours  par un « tripotay lakay »  sur Ninette devenue Gros Nina.

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L’amour ne se soucie point de la richesse, encore moins de la couleur de peau. Ignorant cette thèse la mère de Pisquette lui donne des conseils sur la femme que celui-ci devra choisir.

«  Il te faut choisir une jeune fille de belle couleur… »

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Lopez et Pisquette  discutent  des bienfaits des plantes haïtiennes sur la libido.
« Je n’ai plus beaucoup de coups dans mon canon »

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Le paysan et Marcelle évoquent  la situation économique du pays et déplorent  l’hypocrisie haïtienne.

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Evocation poétique des balades amoureuses sur les plages de Jacmel.

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Dialogues sur les rites du vaudou et les cérémonies religieuses.
 » Ton père, tout sacristain qu’il est, n’y croirait-il pas? »

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Lériné conseille son neveu Pisquette sur le choix de  son épouse et en profite pour lui faire un petit rappel  sur l’histoire des « nègres » de ce monde.

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Conclusion par Marly Fils : » Burlesques ou lyriques, ces conversations à Jacmel n’ont pas seulement la saveur de l’exotisme ; on y découvre aussi les traits d’une situation morale, politique et économique où mûrissent paisiblement les plus sanglantes tragédies, non seulement d’Haïti mais aussi de l’Amérique latine et de l’Afrique noire… »

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Comme leurs camardes de l’IDEPH les élèves  du CAP répondent  avec finesse aux questions du jury et des spectateurs.

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L’équipe technique du CAP. Jean Gilles Nixon, Roy Samy Gaetan, Momplaisir Richshall