Alcibiade Pommayrac, poète et citoyen

Photo d'Alcibiade Pommayrac

 

Alcibiade Pommayrac
(1844-1908)

 
Alcibiade Pommayrac n’a qu’un an lorsque ses parents quittent Santo Domingo, où il est né le 22 novembre 1844, pour s’installer à Jacmel. C’est dans cette ville du sud-est  d’Haïti qu’il fait ses études.

Avocat au barreau de Jacmel ,  directeur de la douane de la ville , architecte et entrepreneur, son nom est associé à l’édification de nombreux bâtiments publics : le marché en fer, l’ hôtel d’arrondissement devenu le palais de justice et  l’hôtel de ville. Il fabriqua lui-même les briques qui servirent à la construction de ce dernier édifice. Le marché central en fer fut commandé  par le maire-poète en 1895 aux aciéries de Bruges, en Belgique. Ce vaste bâtiment témoigne de la prospérité que la ville connut jusqu’à son déclin en 1930.

plaque

Cet homme d’action, soucieux de l’intérêt général, avait un goût profond pour la poésie. Il fut membre actif de la revue LA RONDE. Il admirait Victor Hugo et a laissé une œuvre littéraire protéiforme qui témoigne de son attachement à son pays.

Il apparait tantôt comme un poète citoyen, tantôt comme un poète philosophe et religieux.

Un poète citoyen

Le barde jacmélien ne souffrait aucune forme de bassesse et le professeur Jean Claude, cofondateur du CAP, l’a souligné avec force : « Amant passionné de la vérité, il méprise toute bassesse  qui fait courber le front, dédaigne la fortune avec son cortège de vices, honnit la volupté qui gâte l’intelligence en rongeant le cœur. »

C’est ce sentiment de l’honneur et de la dignité qui domine la vie, l’action et l’œuvre d’Alcibiade Pommayrac. Il avait placé haut son idéal et Georges Sylvain l’a salué en ces termes : « Il a continué la tradition ininterrompue qui de Pierre Faubert à Massillon Coicou groupe sous le nom de « liberté, progrès, union » tous les porte-flambeaux de la civilisation, tous ceux dont le viril enseignement nous a aidés à traverser sans désespoir les jours les plus sombres de notre histoire. »

- Poésie : « Les martyrs du Génie » (1899)

                «  Ode à Jacmel  »   (1899)

                « Ode aux soldats morts pour notre indépendance » (1899)

                « Hommage de Jacmel à Thoby (1899) »

                « Ode à Victor Hugo » (1902)

                « John Brown » (1904).

Le procès et l’exécution de John Brown remuèrent profondément l’intelligentsia haïtienne. Le nom de John Brown fut donné à l’une des principales artères de Port-au-Prince (elle y croise aujourd’hui l’avenue Luther King) et un nombre considérable de poèmes furent composés à sa gloire. Citons AUX ASSASSINS DE JOHN BROWN, L’ABOLITIONNISTE de Pierre Faubert, JOHN BROWN de Tertulien Guilbaud  et  JOHN BROWN d’Edmond Laforest.    Victor Hugo  avait écrit : « Ces esclaves, ces nègres, un homme blanc, un homme libre, John Brown, a voulu les délivrer » et pour lui John Brown était un « combattant du Christ ».

 Dans  JOHN BROWN  (Jacmel – 1904)  Alcibiade Pommayrac  associe John Brown à la figure fraternelle d’Abraham Lincoln et s’adresse à ses mânes :

 Non tu ne peux mourir comme on meurt à la guerre !
Aux Christs, il faut d’autres trépas !

Oh ! La corde de chanvre, où ton corps se balance
Vaut bien les clous du Golgotha !

Oui Jésus, son martyre égale ton supplice
Sa potence est la sœur de ta croix !

- Théâtre : «Dernière nuit de Toussait Louverture », monologue en vers (1877).

- Essais : « Réflexion sur la crise agricole, commerciale et financière d’Haïti  »  (1882)

               « De la nécessité d’abolir en Haïti les droits à l’exportation, etc. »

               « Conseil à mon pays ».