15/11/2013 – Rencontre avec Gary Victor

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Esprit rebelle et indépendant, Gary Victor est l’un des écrivains les plus lus en Haïti. Après des études d’agronomie,  il a exercé le métier de journaliste au  NOUVEAU  MONDE  puis au NOUVELLISTE  où il publie plus d’une centaine d’articles sur la culture, la politique et la société , notamment  sa  fameuse chronique « Les pieds dans le plat » suivie par des lecteurs de plus en plus nombreux.

Auteur au style incisif et puissant, Gary Victor porte un regard satirique sur la société haïtienne  et s’attaque aux racines des maux de l’île dans un style novateur qui mêle imaginaire, humour  et critique politique. Il y développe une réflexion tout à fait nouvelle sur Haïti, prenant souvent à contre-pied  la parole d’une génération d’intellectuels. Il revendique en outre un attachement particulier à l’œuvre des romanciers de la Génération de la Ronde comme Justin Lhérisson et Frédéric Marcelin  dont le regard sur la société haïtienne fut tout aussi subversif.

Gary Victor renouvelle le genre de la Lodyans (audience) et met en scène des personnages qui  par leur dérision et leur distance ironique  portent un regard désabusé sur la société haïtienne. IL explore de façon méticuleuse l’articulation entre la folie personnelle et les délires collectifs sur fond de démission et d’irresponsabilité.

Gary Victor

Albert  Buron  et  Sonson  Pipirit

En 1988 paraît  ALBERT BURON ou PROFIL D’UN HOMME DE L’ÉLITE. Ces « Chroniques d’un leader haïtien comme il faut »  seront à l’origine des sketches radiophoniques diffusés sur les ondes de Radio Métropole à Port-au-Prince, entre 1999 et 2005, sous le titre « La politique de Buron ». Avec plus de 800 sketches, cette émission satirique  va connaître un franc succès .  En 1989 c’est  SONSON PIPIRIT ou PROFIL D’UN HOMME DU PEUPLE, recueil d’audiences et de nouvelles où l’auteur mêle sarcasme et érotisme et  redonne à l’audience –inscrite dans l’oralité haïtienne- une résonance jusque là insoupçonnée.

Il  publie son premier roman CLAIR DE MAMBO, portrait distant et ironique d’Haïti, en 1990. Puis en pleine dictature militaire c’est UN OCTOBRE D’ELYANITZ en 1992 et  l’extraordinaire PISTE DES SORTILÈGES en 1996 : une quête initiatique, une épopée fantastique, traversée des siècles, des mythes et sociétés où se rencontrent personnages politiques et créatures du  vaudou.  

En 1998 c’est LE DIABLE DANS UN THÉ A LA CITRONNELLE  qui est plébiscité par les lecteurs. En 2003 A  L’ANGLE DES RUES PARALLELES  obtient le prix de fiction du Livre insulaire au Salon d’ Ouessant  et fera  l’objet d’une adaptation théâtrale  ANASTASE  mise en scène par le Petit Conservatoire de Daniel  Marcelin.

Gary Victor, M. F Mentor et la promotion de philo

En 2000 Gary Victor se lance dans l’écriture pour la jeunesse  avec  DJAMINA qui  paraît en feuilleton dans LE NOUVELLISTE.

Suivent   JE SAIS QUAND DIEU VIENT SE PROMENER DANS MON JARDIN  (prix RFO 2004), LES CLOCHES DE LA BRESILIENNE  en 2006 et  BANAL  OUBLI  en 2008 , portrait acide de l’homme politique et réflexion sur les mythes fondateurs d’Haïti et le tabou des relations entre le pouvoir et les sociétés secrètes.

Après  LE SANG ET LA MER en 2010 (prix Casa de las Americas en 2012),  Gary Victor publie en 2012  MAUDITE  ÉDUCATION , un roman sur la découverte de soi et du sentiment amoureux  et en 2013 COLLIER DE DEBRIS qui revient sur le désastre du séisme et la lutte des survivants pour garder l’espoir.

Inspecteur  Dieuswalwe  Azémar

Déjà croisé dans LES CLOCHES DE LA BRESILIENNE (2006), SAISON DE PORCS (2009) et SORO (2011) l’inspecteur  Dieuswalwe  Azémar, tafiatè (ivrogne) invétéré traînant son honnêteté comme un vilain défaut , reprend du service en 2O13 avec la publication de CURES ET CHÂTIMENTS où l’auteur s’est inspiré d’un fait réel , la mort suspecte d’un général  brésilien de la mission des  Nations unies présente en Haïti  (MINUSTHA).

« Le drame d’Haïti m’interpelle en premier lieu car il est celui d’une mémoire trafiquée, de l’individu pris au piège d’un collectif dénaturé, porteur constamment d’une tradition  despotique. Il y a aussi une contradiction : celle de la surestimation du moi qui détruit le collectif. » G.V

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Colier de Debris Piste des sortilèges victor_gary a l'angle des rues para

Gary Victor , qui séjourne  très souvent à Jacmel , était au CAP ce vendredi  15 novembre 2013 et  a rencontré  longuement les classes de  philo , rhéto et  seconde  à la salle Professeur Jean Claude. Après que des élèves de philo aient retracé le parcours de l’auteur , ce sont des élèves de  rhéto qui  ont  présenté le roman LE SANG ET LA MER , thème principal de la rencontre. Après  son intervention Gary Victor a répondu avec un plaisir évident , pendant près de deux heures ,  à un feu nourri de  questions  relatives à  ce roman mais aussi  à l’ensemble de son œuvre et  à son travail d’écrivain .

Découvrez cette rencontre en images

 

Le sang et la mer  Prix Casa de las Americas 2012

Où naissent les rêves des jeunes filles ? Hérodiane, orpheline, vivant à Paradi, un bidonville de Port-au-Prince, rêve du prince charmant à la peau claire et aux yeux bleus. Est-ce parce qu’une religieuse lui a lancé sur un ton haineux : «Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ?» ou parce que Estevèl, son frère adoré, salué à sa naissance par l’écume d’une vague de mer, s’adonne à d’autres plaisirs ? Le rêve s’incarne en Yvan, riche mulâtre d’une des grandes fortunes du pays, et se révélera un cauchemar quand Hérodiane commencera à découvrir l’envers des mythes et des discours. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les cœurs fragiles dans l’enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l’espoir d’un autre avenir.

Gary Victor révise ici, avec la maestria qu’on lui connaît, le rêve du prince charmant à la manière haïtienne. Comment, dans une société perverse et corrompue, dans un univers où les plus riches asservissent encore et toujours les plus pauvres, les jeunes filles peuvent-elles venger le monde ?

Pour en savoir plus sur Gary Victor
>ALTER PRESSE : Treize nouvelles Vaudou
>CULTURE-SUD : Entretien avec Gary Victor
>TELERAMA: Gary Victor, King créole
>MONDOMIX  : Il y a un grand intérêt pour la littérature en Haïti
>lenouvelliste.com : Lire Gary Victor c’est boire avec les dieux

 

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