11 décembre 2014 – De la philosophie à la section primaire sous les choucounes !

 

Philosophie

 

Le 11 décembre 2014 la classe terminale a mené une expérience innovante : organiser des ateliers de discussion philosophique avec des classes de la section primaire. Répartis en six groupes de huit élèves de CM2 animés par deux élèves de la Philo A, ces ateliers ont porté sur différents thèmes et questions. L’occasion pour les plus grands de s’étonner de la pertinence des réflexions émises par les plus petits.

 

Les participants du premier groupe animé par Ange-Marie Brévil et Emmanuel Noël ont abordé le thème du « vivant ».

Faut-il respecter le vivant ?

Les enfants ont fait valoir que la nature était très importante car elle permettait aux hommes de répondre à leurs besoins. Mais ils la détruisent par prétention (complexe de supériorité) ou par cupidité (gagner de l’argent). Un phénomène d’autant plus étonnant que l’intelligence est censée distinguer l’être humain du reste du vivant. Des solutions concrètes ont été avancées pour résoudre le problème : campagnes de reboisement, création d’associations dédiées à la cause animale, etc.  

 

Le deuxième groupe animé par Nyrkah Vincent et Cécile Ridoré portait sur le thème du « jeu ».

Apprend-t-on en étudiant ou en jouant ?

La réponse de prime abord fût qu’on apprenait en étudiant. Au contraire, le jeu se définit comme une activité divertissante qui n’a pas d’utilité. Ceci étant dit, on peut tout de même apprendre en jouant. Par exemple le respect d’un certain nombre de principes et de règles. Le jeu favorise la réflexion et la patience.

 

Troisième groupe animé par Shidlove Bernadaut et Annaika Pierre autour du thème de « la vérité ».

 

IMG_1800

Faut-il préférer la vérité au mensonge ?

Les élèves ont spontanément affirmé qu’il fallait préférer la vérité au mensonge puis constater dans un second temps qu’eux-mêmes mentaient souvent. Cette contradiction les a conduit à considérer que les gens mentent car ils ont peur des conséquences. Dire la vérité s’apparente à un acte de courage dont il convient d’user avec « douceur ». Par exemple, si une amie sent mauvais il y a diverses manières de le lui dire sans la vexer ou la blesser.

 

Le quatrième groupe animé par Michardelène Jean et Mary Milorme a discuté du thème de « l’amitié ».

A quoi reconnait-on un ami ?

Pour nos jeunes élèves, un ami est d’abord quelqu’un en qui on peut avoir confiance. Une personne sur qui l’on peut compter, qui est toujours là pour nous. L’amitié se construit avec le temps et nécessite de la franchise, autrement dit d’être sincère.

 

Le cinquième groupe animé par Nadjedah Benoit et Ernst Cadet portait sur le thème de « la liberté ».

Qu’est-ce qu’être libre ?

En vue d’apporter une réponse à la question, le groupe a commencé par évoquer l’Histoire d’Haïti marquée par la traite négrière, autrement dit l’esclavage. N’est pas libre celui qui est enchainé ou qui a peur des conséquences de ses actions. Est libre au contraire celui qui peut faire ce qu’il désire ou ce qu’il veut. Mais la discussion a montré que notre liberté était limitée par la nature (je ne peux pas voler dans les airs) ou par la loi (je ne dois pas tuer). Les élèves ont jugé important que ces limites existent car sans elles on aurait le désordre. Il s’agit donc de faire ce que l’on veut sans nuire aux autres. Par ailleurs, l’idée suivante a été avancée : dans l’imagination l’homme est totalement libre (je ne peux pas voler dans les airs mais peux m’imaginer en train de le faire). Cela expliquerait le fait que les hommes et en particulier les enfants adorent s’imaginer pleins de choses.  

 

Enfin, le sixième et dernier groupe animé par Darley Massac et Rocheny Lafontant a abordé le thème d’« autrui ».

A-t-on besoin d’autrui ?

Il convenait de s’entendre sur le sens du mot autrui. Les enfants ont retenu qu’il désigne tout homme qui nous entoure. Oui nous avons besoin d’autrui pour nous aider et nous guider ont-ils affirmé. Mais il nous ennuie également, on peut se sentir mal à l’aise à cause des autres. Nous avons donc besoin d’autrui par intermittence, le besoin de solitude étant au moins aussi important.  

L’expérience a marqué les ainés qui se sont exercés à l’animation d’une discussion, ont aidé à clarifier certaines pensées et encourager les plus timides à s’exprimer. Par leur bon sens, les élèves du Primaire ont démontré qu’il n’y a pas d’âge pour philosopher. Décision a donc été prise de reconduire chaque trimestre les ateliers.

   

Pour revivre ces instants en images :